Les demandes de
chirurgie du sein sont de plus en plus fréquentes, que ce soit pour une augmentation ou
une réduction de volume. Il existe différentes techniques pour ce type de chirurgie.
Addition
mammaire
L'intervention se pratique sous anesthésie générale ou locale, ou encore sous
anesthésie mitigée.
Pour mettre la prothèse en place, on fait l'incision soit dans le pli sous-mammaire, soit
dans le creux axillaire (aisselle), ou au pourtour inférieur de l'aréole (la peau
pigmentée qui entoure le mamelon). Le chirurgien vous expliquera la technique qu'il
entend utiliser.
Le chirurgien aménage ensuite une loge derrière la glande mammaire (tissus du sein) ou
derrière les muscles pectoraux (muscles qui s'appuient sur la paroi thoracique). Il
s'assure qu'il n'y a aucun saignement, puis insère la prothèse dans la loge. Par la
suite, l'incision est refermée et recouverte d'un pansement, qui prend parfois la forme
d'un soutien-gorge.
La patiente qui subit une addition peut demeurer quelques heures ou quelquesjours à
l'hôpital, selon la décision du chirurgien. Dans tous les cas, à votre sortie de
l'hôpital, vous devez vous faire raccompagner à la maison par une personne responsable.
Reconstruction mammaire avec prothèse ( Non pratiquée au
Centre)
Le Centre de médecine et chirurgie esthétique ne fait pas de
reconstruction mammaire suite à un cancer. La reconstruction
mammaire au moyen d'une prothèse se pratique habituellement sous
anesthésie générale. L'incision par où est insérée la prothèse
permanente ou la prothèse d'expansion - c'est-à-dire la prothèse
temporaire gonflée peu à peu pour faire de la place à la
prothèse permanente - se pratique soit au niveau du pli sous le
sein à remodeler, soit dans la cicatrice laissée par la
mastectomie. Une loge est aménagée sous la peau ou derrière le
muscle pectoral s'il est présent (ou encore sous le lambeau de
peau). Après s'être assuré qu'il n'y a aucun saignement, le
chirurgien insère la prothèse dans la loge. L'incision est
ensuite refermée et recouverte d'un pansement. Vous devrez
parfois porter un soutien-gorge qui recouvre le pansement.
La patiente qui subit une reconstruction mammaire peut demeurer
quelques jours à l'hôpital ou une clinique spécialisée. Dans
certains cas, elle recevra son congé quelques heures après
l'intervention. Dans un cas comme dans l'autre, à votre sortie
de l'hôpital, vous devez obligatoirement vous faire raccompagner
à la maison par une personne responsable.
Convalescence
Dans les jours qui suivent l'intervention, la patiente peut reprendre peu à peu ses
activités, tout en faisant attention à ne pas se surmener. Le chirurgien vous
renseignera sur ce que vous pouvez faire et ce que vous ne devez pas faire, par exemple :
ne pas dormir sur le ventre ni passer l'aspirateur. Il vous dira quand vous pourrez
conduire votre voiture ou retourner au travail.
Lorsque la reconstruction mammaire est pratiquée au moyen d'une prothèse d'expansion, le
chirurgien rencontre la patiente à intervalles réguliers pour injecter la solution
saline dans la prothèse afin de la gonfler progressivement. La prothèse d'expansion est
temporaire; on la remplace ultérieurement par une prothèse permanente.
Les directives, en ce qui concerne les soins post-opératoires, varient selon le
chirurgien et, également, selon le type de prothèse utilisé. Dans certains cas, le
chirurgien conseille à la patiente de se masser les seins plusieurs fois par jour ou
encore de porter un soutien-gorge serré. Dans d'autres, le chirurgien prescrit peu de
soins postopératoires.
Les médicaments pour soulager la douleur Il faut éviter de prendre tout médicament
susceptible d'accroître le risque de saignement (aspirine, anti-inflammatoires, etc.). La
patiente qui a subi une mammoplastie doit consulter son chirurgien avant de prendre des
médicaments, que ce soit des médicaments d'ordonnance ou en vente libre.
Les prothèses
pour l'augmentation mammaire
Pour apporter du volume
à un petit sein, il faut une prothèse. Au Québec, on nutilise plus les prothèses
de gel de silicone depuis 1991. Les seules actuellement permises contiennent une solution
deau salée. Lavantage: en cas de bris, le contenu est facilement éliminé
par lorganisme, sans danger. Linconvénient: elles sont moins « naturelles »
au toucher que les anciennes prothèses.
La prothèse est mise en
place après une incision pratiquée dans laisselle, au pourtour de laréole
ou, le plus souvent, dans le sillon sous le sein. Lorsque le sein est affaissé, il faut
également pratiquer un lifting mammaire.
En général, on
recommande le port dun soutien-gorge jour et nuit pendant un mois pour minimiser
lenflure postopératoire et permettre aux prothèses de garder leur position
idéale. Une convalescence dune dizaine de jours est nécessaire.
Une
douleur importante peut être ressentie pendant trois à cinq jours. Puis elle
satténue progressivement en quelques jours. Il peut alors rester une sensation de
corps étranger durant un ou deux mois. Après ce temps, les femmes finissent par oublier
leurs prothèses. Contrairement à certaines idées reçues, se coucher sur le ventre,
mettre une ceinture de sécurité en voiture et voyager en avion ne font pas exploser les
prothèses!
Le plus souvent, la demande daugmentation
mammaire provient de femmes qui, à la suite dune ou de plusieurs grossesses, ont
remarqué une réduction de leur glande mammaire. Les seins ont alors perdu leur galbe et
leur tonus.
Parmi les implants proposés actuellement, on trouve
des prothèses rondes classiques mais aussi des prothèses profilées anatomiques (en
forme de poire) qui se rapprochent plus dun sein naturel. Mais cette forme est plus
ou moins importante, car cest souvent le tissu cicatriciel qui se constitue autour
de la prothèse qui donne au sein sa forme définitive. Bonne nouvelle: outre les implants
à parois lisses, il y a aujourdhui des implants à parois texturées. Comme
lorganisme semble éprouver de la difficulté à bâtir une coque de cicatrices
autour de ce genre de prothèse, le sein reste plus souple et plus naturel.
Le volume des prothèses est choisi en fonction de
la morphologie du thorax, du poids et de la silhouette. Il varie donc dune femme à
lautre. Le chirurgien peut toutefois ajouter une certaine quantité deau
saline au cours de lintervention afin, notamment, de corriger une légère
asymétrie mammaire.
Une complication imprévisible
apparaît dans environ 10 % des cas, quel que soit le type de prothèse. Il sagit de
la formation dune coque fibreuse (réaction à un corps étranger) autour de
limplant. Elle peut se former des mois ou des années après la mise en place des
prothèses, et dans ce cas, le sein se rétracte, devient sphérique, dur et douloureux.
Une nouvelle intervention simpose alors pour aller briser cette coque et ainsi
libérer la prothèse.
Il vaut mieux garder un
sein un peu gros sil est joli et bien galbé, car qui dit réduction dit cicatrices
plus ou moins apparentes. En effet, le chirurgien pratique une incision en forme
dancre de bateau inversée : elle fait le tour de laréole puis descend
jusquau pli sous le sein quelle longe ensuite. Pendant lopération, le
chirurgien retire lexcédent de tissu mammaire et de peau. Les tissus retirés sont
analysés en laboratoire: il ne doit pas se trouver de cellules cancéreuses dans le tissu
mammaire.
Lintervention est
nettement moins douloureuse que laugmentation mammaire, même si les incisions sont
plus longues. Une convalescence de deux à trois semaines est tout de même requise.
Dans le cas dune
hypertrophie mammaire (seins trop volumineux), lintervention est couverte par la
Régie de lassurance-maladie si on enlève au moins 250 g par sein. Ce volume est en
effet considéré comme suffisamment important pour causer des douleurs cervicales ainsi
que des maux de dos et dépaules. Lintervention apporte un tel confort que la
majorité des femmes qui lont subie se demandent pourquoi elles ne lont pas
fait faire plus tôt.
Pour le redrapage
(lifting mammaire), on emploie généralement la même technique que pour la réduction
mammaire. On vise ici à remonter le sein en enlevant un surplus de peau, puis on rajuste
la position du mamelon. Actuellement, dans le cas de petites ptôses, on réduit les
cicatrices en pratiquant des incisions plutôt courtes. Sil ny a pas
suffisamment de glande, il faut installer une prothèse en plus de réduire la peau. Cette
intervention nest pas particulièrement douloureuse. Un arrêt de travail dune
semaine est généralement suffisant.
Une décision réfléchieLa demande de chirurgie esthétique aux seins doit être le résultat d'une
démarche sérieuse. Les seins ne sont plus cachés, ils font partie intégrante de la
silhouette. Leur apparence compte. Dans le cas des augmentations de volume, il est
toutefois très difficile de définir le sein idéal. Alors que les Américaines aiment
bien les prothèses généreuses, les Européennes préfèrent, quant à elles, les
prothèses qui soulignent tout juste les formes. Les Québécoises se situent entre les deux
groupes. Mais pour toutes les femmes, limportant est d'obtenir un sein rond et
stable. Pour des résultats satisfaisants, il est nécessaire de respecter la morphologie
de chacune et
de
choisir un implant adéquat. Lorsque la demande est déraisonnable, le chirurgien peut
refuser lintervention ou proposer à la patiente un temps de réflexion.
Une chirurgie mammaire est une véritable
opération chirurgicale. Cette décision ne doit donc pas être prise à la légère. Cela
suppose quon y a bien réfléchi, quon connaît et quon accepte les
risques. D'ailleurs, le chirurgien esthétique doit, avant
toute intervention, bien vous informer sur le
choix des prothèses, le déroulement de l'opération et les risques inhérents à
l'anesthésie et à
la chirurgie. Il doit aussi vous remettre de la documentation écrite sur le sujet. Si les
prothèses mammaires donnent de très bons résultats esthétiques, il ne faut pas oublier
quelles ne sont pas éternelles. Après un certain nombre dannées, elles
peuvent fendre et, donc,
se dégonfler. Il faudra recevoir de nouvelles prothèses... à moins d'accepter alors ses
seins tels qu'ils seront.